Et encore : face au déni démocratique, est-ce que la bataille essentielle (non menée) n’est pas celle d’un mouvement  populaire pour imposer une « Constituante » européenne ? Sommes-nous sûrs d’avoir à participer à ce genre d’élections pour gagner en puissance et en clarté ?

Lionel,  Cual Montpellier centre

Extrait du bloc-note de Bernard Langlois (Politis n° 1054)

… Ce Parlement n’a pas de réel pouvoir. Il ne peut rien décider, rien imposer sans l’aval de la Commission, qui elle-même dicte ses lois au Conseil des ministres. Qu’est-ce qu’un Parlement qui se borne à souhaiter, à proposer, à suggérer (respectueusement) à ses maîtres sans jamais pouvoir imposer sa volonté – quand bien même il serait autre chose qu’une palanquée de notables tenus bien au chaud (c’est un sacré bon job, député européen) où les convictions ultralibérales sont ultra majoritaires et où les quelques interventions dignes d’intérêt se noient dans les sables d’une indifférence générale ? C’est un Parlement croupion. (…)

On se passera donc de moi, le 7 juin, au bureau de vote de mon village. Et, si l’on en croit les sondages, je ne serai pas le seul à m’abstenir. (…)

S’il y avait eu quelque chance de faire émerger une gauche de gauche un peu musclée, regroupant tous ceux qui, de la gauche du PS aux trotskistes en passant par le PC, les écolos conséquents et autres Alternatifs, ont voté « non » au référendum sur le traité constitutionnel,  je me serais fait une douce violence – en pensant du reste surtout aux enjeux nationaux : l’unité, enfin, que nous n’avons pas été foutus de faire pour la présidentielle. Même pas ! Les mêmes boutiquiers font boutiques séparées – et je ne veux pas faire de choix entre leurs étalages : de Besancenot et son Nulle Part ailleurs, à Mélenchon enfermé dans son tête-à-tête amoureux avec Buffet (le PC y aura au moins gagné un sursis, avec un orateur), en passant par Bové, qui, dans son alliance avec Cohn-Bendit, semble renier ses engagements de campagne pour le « non »  [4], pas un pour racheter l’autre ! Tous ensemble, ils auraient pu faire un joli score : ils seront rivaux dans la déconfiture et compteront leurs élus sur une main sans doigts.