Elections européennes. Une solution, l’abstention.
Par Lionel le jeudi 28 mai 2009, 18:39 - Actualité locale - Lien permanent
Après avoir hésité entre vote blanc, vote nul (avec le bulletin proposé par les copains du Cual de Mèze) et l’abstention, je choisis cette dernière. Le coup de gueule lancé par Bernard Langlois dans Politis du 28 mai me paraît bienvenu et traduit à sa manière ce que ressentent et pensent nombre de citoyens.
Et encore : face au déni démocratique, est-ce que la bataille essentielle (non
menée) n’est pas celle d’un mouvement populaire pour imposer une «
Constituante » européenne ? Sommes-nous sûrs d’avoir à participer à ce genre
d’élections pour gagner en puissance et en clarté ?
Lionel, Cual Montpellier centre
Extrait du bloc-note de Bernard Langlois (Politis n° 1054)
… Ce Parlement n’a pas de réel pouvoir. Il ne peut rien décider, rien imposer sans l’aval de la Commission, qui elle-même dicte ses lois au Conseil des ministres. Qu’est-ce qu’un Parlement qui se borne à souhaiter, à proposer, à suggérer (respectueusement) à ses maîtres sans jamais pouvoir imposer sa volonté – quand bien même il serait autre chose qu’une palanquée de notables tenus bien au chaud (c’est un sacré bon job, député européen) où les convictions ultralibérales sont ultra majoritaires et où les quelques interventions dignes d’intérêt se noient dans les sables d’une indifférence générale ? C’est un Parlement croupion. (…)
On se passera donc de moi, le 7 juin, au bureau de vote de mon village. Et, si l’on en croit les sondages, je ne serai pas le seul à m’abstenir. (…)
S’il y avait eu quelque chance de faire émerger une gauche de gauche un peu musclée, regroupant tous ceux qui, de la gauche du PS aux trotskistes en passant par le PC, les écolos conséquents et autres Alternatifs, ont voté « non » au référendum sur le traité constitutionnel, je me serais fait une douce violence – en pensant du reste surtout aux enjeux nationaux : l’unité, enfin, que nous n’avons pas été foutus de faire pour la présidentielle. Même pas ! Les mêmes boutiquiers font boutiques séparées – et je ne veux pas faire de choix entre leurs étalages : de Besancenot et son Nulle Part ailleurs, à Mélenchon enfermé dans son tête-à-tête amoureux avec Buffet (le PC y aura au moins gagné un sursis, avec un orateur), en passant par Bové, qui, dans son alliance avec Cohn-Bendit, semble renier ses engagements de campagne pour le « non » [4], pas un pour racheter l’autre ! Tous ensemble, ils auraient pu faire un joli score : ils seront rivaux dans la déconfiture et compteront leurs élus sur une main sans doigts.
Lionel, Cual Montpellier centre
Extrait du bloc-note de Bernard Langlois (Politis n° 1054)
… Ce Parlement n’a pas de réel pouvoir. Il ne peut rien décider, rien imposer sans l’aval de la Commission, qui elle-même dicte ses lois au Conseil des ministres. Qu’est-ce qu’un Parlement qui se borne à souhaiter, à proposer, à suggérer (respectueusement) à ses maîtres sans jamais pouvoir imposer sa volonté – quand bien même il serait autre chose qu’une palanquée de notables tenus bien au chaud (c’est un sacré bon job, député européen) où les convictions ultralibérales sont ultra majoritaires et où les quelques interventions dignes d’intérêt se noient dans les sables d’une indifférence générale ? C’est un Parlement croupion. (…)
On se passera donc de moi, le 7 juin, au bureau de vote de mon village. Et, si l’on en croit les sondages, je ne serai pas le seul à m’abstenir. (…)
S’il y avait eu quelque chance de faire émerger une gauche de gauche un peu musclée, regroupant tous ceux qui, de la gauche du PS aux trotskistes en passant par le PC, les écolos conséquents et autres Alternatifs, ont voté « non » au référendum sur le traité constitutionnel, je me serais fait une douce violence – en pensant du reste surtout aux enjeux nationaux : l’unité, enfin, que nous n’avons pas été foutus de faire pour la présidentielle. Même pas ! Les mêmes boutiquiers font boutiques séparées – et je ne veux pas faire de choix entre leurs étalages : de Besancenot et son Nulle Part ailleurs, à Mélenchon enfermé dans son tête-à-tête amoureux avec Buffet (le PC y aura au moins gagné un sursis, avec un orateur), en passant par Bové, qui, dans son alliance avec Cohn-Bendit, semble renier ses engagements de campagne pour le « non » [4], pas un pour racheter l’autre ! Tous ensemble, ils auraient pu faire un joli score : ils seront rivaux dans la déconfiture et compteront leurs élus sur une main sans doigts.





Commentaires
Le boycott est l’arme
de la démocratie directe !
Les 6 et 7 juin, les Français (et les électeurs des vingt-six autres pays européens) sont appelés à élire « leurs » représentants au Parlement européen.
La participation à l’élection européenne rend les citoyens européens complices des manipulateurs de Traité de Lisbonne, cette lamentable copie du Traité constitutionnel (TCE), rejeté par 55% des électeurs français. Et autant de Néerlandais. Sans compter tous ceux à qui on n’a pas demandé leur avis.
Sous l’impulsion de Sarkozy, qui se croit toujours président de l’U.E, les députés français se sont affranchis de leur devoir de délégation et de représentation. Ils nous ont trahis ! Accepter d’élire de nouveaux députés européens, c’est accepter que les dénis de démocratie deviennent une habitude. Par cet acte honteux, les députés français ont franchi la ligne, ils ont choisi le camp des notables contre celui des citoyens.
Nous, signataires de cet appel au boycott, refusons de tendre l’autre joue. Les députés français nous ont floués a posteriori, les députés européens font mieux: ils nous préviennent que nous sommes floués a priori.
En effet, ils nous appellent à voter pour un Parlement sans pouvoir et des députés sans mission, quoique grassement rémunérés.
Certains candidats de la gauche radicale ne sont pas très à l’aise lorsqu’il s’agit de détailler leur actions futures : l’un d’entre eux promet de favoriser les référendums d’initiative citoyenne... Etonnante reconversion pour quelqu’un qui s’est tant battu contre le Traité de Lisbonne car cette possibilité offerte aux peuples est une des nouveautés du traité honni… s’il devient, un jour, applicable. Ce serait faire injure à ce spécialiste, si prolixe, de l’Union européenne que d’imaginer qu’il ignore ce détail.
En plus, ces référendums nécessitent au minimum un million de signatures de citoyens européens et seront « proposés » à la souveraine Commission laquelle statuera sur leur opportunité. Autant dire que le référendum européen devrait, assez rapidement, figurer sur la liste des espaces démocratiques en voie de disparition.
Car la démocratie, quand il s’agit de l’Union européenne, a des allures de dictature tranquille. Les peuples résignés s’y sont habitués. Seul un boycott politique, argumenté et revendiqué peut nous sortir de la torpeur d’une élection sans enjeu.
Boycottons sans détour cette élection! Boycotter est un acte de démocratie directe ! Boycotter ne nous empêche pas de faire campagne contre le totalitarisme de l’Union européenne.
Un autre candidat est encore plus fumeux. Il envisage sereinement de mettre en place une Constituante qu’il proposerait à… la Commission. Personne ne sait comment ce spécialiste des fauchages volontaires parviendra à attirer suffisamment de députés européens pour adhérer à son idée et surtout comment il convaincra la Commission. Par un référendum d’initiative citoyenne, sans doute…
La majorité du Parlement européen serait-elle composée de députés anarcho-communistes, ce qui ne risque pas de se produire avant l’an 3050, que les technocrates de la Commission ne devraient pas accepter avec facilité cette idée de Constituante.
La Commission européenne est le bras armé des capitalistes en Europe. Même si une « actio popularis », emmenée par un ramassis de salopards en salopette, la visait, elle pourrait toujours compter sur la Cour de Justice des Communautés européennes.
Bien planquée dans un véritable bunker au Luxembourg, un paradis fiscal soit dit en passant, cette tanière de super-juges symbolise le totalitarisme juridique d’une construction européenne qui s’est faite sur le déni des peuples. Les arrêts de cette cour suprême sont inattaquables ou presque. Confessionnal ou conseil de discipline, la Cour de Justice se la joue autoritaire. Les représentants des Etats membres y défilent, la tête basse, et en sortent, les fesses rougies.
La Cour de Justice des Communautés européennes est sans doute l’instance la plus discrète mais aussi la plus despotique. Une entité occulte, au service des puissances de l’argent, en quelque sorte puisqu’elle n’a cessé, en quarante ans, de promouvoir le libéralisme le plus violent à coup d’interprétations fantaisistes des traités lorsque les textes n’étaient pas suffisamment précis. Ses pouvoirs ne cessent de s’étendre de traités en traités, les Etats membres perdent de plus en plus leurs prérogatives au bénéfice de cette curieuse institution qui semble les narguer.
On dira que j’exagère et que les menaces sur la démocratie ne peuvent en être arrivées à ce point critique, qu’il est possible de changer encore la donne. Peut-être mais certainement pas de l’intérieur !
Nous, nous ne voulons pas changer les règles du jeu mais changer de jeu, selon la formule d’A. Breton.
Nous sommes les initiateurs et premiers signataires de cet appel, rejoignez-nous !
chers amis,
Les idees que vous défendez sont miennes, mais au sujet de l'abstention,je m'interroge.
ci dessous un courriel adressé à marianne au lendemain des elections.
Bonjour,
Au lendemain des élections européennes, nous voici avec les mêmes problèmes, et circonstances aggravantes, une droite renforcée.
Les électeurs de gauche votent-ils pour ceux qui les enchaînement? Les abstentionnistes sont-ils tous de gauche?
Par expérience, je suis persuadé que les citoyens repondent à la carrence d'ecoute des politiciens .
N'obtenant pas de réponse de mon député au sujet des banques charria compatibles, je pense que vous pourriez m'aider en publiant
le billet ci-dessous.
Ce qui suit est une généralisation, des exceptions existent. Je présente par avance mes excuses aux politiciens vertueux qui prennent à cœur leur mission. Cette généralisation est cependant justifiée, par la proportion de ces derniers, ils ne représentent que quelques traces de pureté dans le cloaque politique.
Abstentionnisme…
Nos démocraties, offrent à leurs citoyens la chance rare de pouvoir s’exprimer, ils ne la saisissent pas !
Nos parents se sont battus pour ce droit… plus aucun civisme…
Voilà les incantations souvent répétées après des élections.
Tout cela est vrai, mais incomplet. Les électeurs se déplaceraient en rampant s’il le faut pour voter, si les candidats leur proposaient des solutions aux problèmes quotidiens.
Mais ils ne le font pas ! Ils nous demandent de nous déplacer pour leur offrir une place confortable, bien rémunérée, avec des avantages dignes des temps ou la noblesse disposait de cerfs.
Illustration par un cas particulier.
Je me suis inquiété auprès du député de ma circonscription,
après avoir appris que la France précédée de l’Angleterre, bien sur, et suivie d’autres pays, adapte sa législation fiscale pour permettre l’implantation de banques charia compatibles.
N’obtenant pas de réponse, j’ai réitéré ma demande.
Et bien savez-vous ce qu’il advint ?
Rien, monsieur le député est certainement trop occupé, pour s’intéresser à un simple électeur de sa circonscription, élément anonyme de la France d’en bas, qui a le culot de troubler le confort feutré de M. le député.
Les élections législatives ne sont pas pour demain ! Il me faudra sans doute attendre une période ou sa place dépendra de la bonne volonté des cerfs de son fief.
Alors oui, à cet instant comme je vous comprends ! Abstentionnistes.
Mais, sœurs et frères de la France d’en bas, sachons le, bien que nos votes soient bafoués, ne pas voter permet à la France d’en haut d’organiser des élections, de les gagner, et ensuite de décider en notre nom. Gardons à l’esprit que la France d’en haut nous présentera toutes les factures des erreurs qu’elle commet.
Ne les aidons plus à nous soumettre, organisons-nous, et votons pour les idées dignes d’être défendues. Ainsi nous serons les héritiers d’illustres personnages qui se sont battu pour que chaque homme ait le droit de s’exprimer, et de demander des comptes à nos dirigeants.
Abstentionnisme… France d’en bas, laisse cela à la France d’en haut, regagne la dignité que tes parents, lui avaient arrachée.
à bientôt,