Meeting de Frontignan : l'intervention des CUAL 34
Par ko le vendredi 6 février 2009, 11:26 - Actualité nationale - Lien permanent
Le premier meeting du Front de gauche pour changer l'Europe se tenait hier
soir à Frontignan. Gros succès en termes de mobilisation avec une salle pleine
à craquer !
Politis (en la personne de D. SIEFFERT) et 6 organisations étaient à la tribune
(MRC, MPEP, Alternatifs, CUAL 34, PG, PCF), et la LCR est également
intervenue.
Chacun a appelé à l'unité de la gauche antilibérale et anticapitaliste : à
nous de tout faire pour que cette volonté se concrétise !
Ci-dessous, le texte de l'intervention des CUAL 34 à cette occasion.
MEETING DU FRONT DE GAUCHE POUR CHANGER L’EUROPE
5 FÉVRIER 2009 – FRONTIGNAN
CUAL de l’Hérault
Je représente ce soir les Collectifs Unitaires pour une Alternative au
Libéralisme de l’Hérault – CUAL 34. Nous sommes actuellement 11 collectifs
locaux actifs dans le département. Nous faisons partie d’une coordination
nationale, la CNCU, à laquelle participent des collectifs présents sur tout le
territoire français. Les CUAL sont composés de citoyennes et de citoyens dont
certains sont membres d’autres organisations politiques, associatives et
syndicales.
Le combat pour changer l’Europe est fondateur dans notre démarche : en
effet, les CUAL sont issus principalement de la campagne pour le Non au
référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen. Ils sont partie
prenante de « l’Association des collectifs du 29 mai », qui s’est battue
contre la ratification du Traité de Lisbonne : ils ont participé à
l’organisation du plus grand meeting national contre cette ratification, à
Montpellier le 6 décembre 2007, et à l’organisation de la manifestation devant
le Congrès de Versailles le 4 février 2008, jour du vote de la modification
constitutionnelle permettant cette ratification.
Les CUAL proposent une approche politique originale : nous voulons
renouveler la manière de faire de la politique. Notre action n'est pas en
concurrence avec celle des partis. Elle leur est complémentaire. Elle vise à
tenter de surmonter les méfiances, les incompréhensions, parfois la concurrence
qui constituent autant d'obstacles vers l'unité des forces antilibérales et
anticapitalistes. Même si nous recherchons d’autres formes d’organisation
politique, nous travaillons avec les partis politiques, avec le mouvement
social, syndical, avec les altermondialistes.
Dans cette volonté de faire de la politique autrement, les CUAL s’organisent
sur une base locale. Les collectifs sont souverains. Ils fonctionnent sur le
principe « une personne, une voix » et recherchent le consensus. Ils
acceptent la multi appartenance. Les CUAL sont donc des lieux d’échange
ouverts, alliant la réflexion politique et la pratique, la recherche et la mise
en œuvre d’alternatives : nous sommes présents dans les mobilisations,
dans les luttes, en faveur des sans-papiers, pour la défense des services
publics, contre les lois liberticides, en soutien au peuple palestinien… Des
militants des collectifs se sont aussi investis dans le cadre proposé par
l’Appel de Politis.
Mais nous sommes aussi dans les élections lorsque des listes unitaires sont
possibles, comme cela a été le cas lors des dernières législatives (2007) sur
la 4è circonscription de l’Hérault, avec une candidature PC, LCR et CUAL, qui a
obtenu 6,5 %, mais aussi aux municipales : dans l’Hérault nous avons des
élus à Fabrègues, Montagnac, Saint Georges, Prades, Montpellier, Mauguio,
Pézenas, Grabels… Sur le plan national, nous avons participé à 170 listes
unitaires aux municipales, dont 60 avec la LCR, et obtenu plus de 40 élu-es au
total.
Notre combat politique est celui pour l'unité de la gauche antilibérale et
anticapitaliste, de toute la gauche de transformation sociale, féministe,
écologique et altermondialiste. Cette unité, nous la concevons la plus large
possible et nous nous battrons pour qu’elle le soit : nous voulons l’unité
avec le NPA comme avec les organisations présentes ce soir et avec nos
partenaires de la Fédération, en cours de constitution ce week-end à Paris.
Cette Fédération comprend les Alternatifs et les CUAL présents ce soir, mais
aussi l’Association des Communistes Unitaires, le MAI, les AlterEkolo, Ecologie
Solidaire, Alternative Démocratie Socialisme.
Ce combat unitaire, nous le menons depuis 2005 et nous poursuivons nos
efforts malgré les écueils rencontrés : Bourdieu disait que la sociologie
est un sport de combat, mais l’unité également est un sport de combat, et
j’ajouterai que c’est un sport d’endurance !
Cette unité apparaît comme une nécessité, à la fois dans le rejet des
politiques libérales, qui détruisent le tissu social et les conditions de vie
sur la planète, et dans le combat révolutionnaire pour construire une autre
Europe, et pourquoi pas un autre monde, car partout ailleurs, des peuples
résistent, en Afrique, en Inde, en Chine même, et d’autres peuples encore en
Amérique Latine expérimentent des alternatives concrètes et radicales.
Au sujet de l’Union européenne, nous dénonçons avec force le déficit
démocratique de cette Europe libérale. Nous sommes conscients du fait que ces
institutions sont verrouillées : que peut-on en attendre de concret,
malgré le travail intéressant et utile de certains élus au Parlement
européen ?
Mais cette élection européenne est une étape importante dans la constitution
du Front de gauche entre tous les antilibéraux et anticapitalistes, Front qui
pourra porter dans le débat des propositions alternatives concrètes en faveur
d’une Europe démocratique, sociale, réellement écologique, une Europe de paix,
qui établisse des relations de coopération, et non de fermeture ou de
domination avec les peuples du Sud.
Nous voulons changer l’Europe, pour construire une société vraiment
démocratique :
- où l'économie ne sera qu'un outil du politique pour satisfaire aux besoins fondamentaux de chacun ;
- où les droits humains seront garantis pour toutes et tous ; d’où qu’ils viennent et quels qu’ils soient
- où les bases écologiques de la vie sur notre planète seront restaurées et
préservées, placées au cœur de la réflexion politique.
L'unité de la gauche antilibérale et anticapitaliste répond à un désir, à
une attente du peuple de gauche. Profondément déçu par le ralliement du parti
socialiste au néolibéralisme, il est dans l'attente d'une restructuration
profonde de la gauche qui lui offrirait ce qui lui manque depuis trente ans
face aux attaques néolibérales : l'unité politique sur des bases claires
et radicales.
Nous pensons que cette unité doit s'inscrire d'emblée dans la durée. Il ne
s'agit pas pour nous de réaliser un beau score à des élections européennes sans
véritable enjeu de pouvoir, pour ensuite retourner à nos divisions. Si nous
voulons changer la France, si nous voulons changer l'Europe et le monde, il
nous faudra, dans les années qui suivront, tous ensemble, renforcer dans notre
pays le front antilibéral et anticapitaliste, élections après élections, luttes
après luttes.
Nos convergences sont plus fortes que ce qui, entre nous, fait débat. Nous
ne sommes pas d’accord sur absolument tout ? certes, mais nous avons bien
plus en commun. Nous pensons que les points de divergence, que nous
connaissons, peuvent être débattus et que cela nous enrichira mutuellement. Ils
n’empêchent pas l’unité dans l’action : on construit l’unité en avançant,
en travaillant ensemble comme nous le faisons déjà dans les luttes, dans les
mobilisations… et lorsque nous rejetons les politiques libérales et
sécuritaires, liberticides et porteuses de guerre, lorsque nous dénonçons et
combattons la logique de profit et de compétition destructrice de
l’environnement et des solidarités entre humains et entre peuples, cette guerre
des uns contre les autres et de tous contre la nature.
Nous lançons un appel au NPA pour qu’il nous rejoigne : nous entendons
bien l'idée du refus d'une union occasionnelle, mais nous sommes encore plus
enthousiastes à l'idée de mettre la gauche libérale ou social démocrate en
minorité dans la gauche à l'occasion d'une élection nationale, et qui plus est
sur la question européenne. Nous disons au NPA : chaque bataille en son
temps ! Nous serons avec vous pour poursuivre le but d'une union durable à
gauche de la gauche, mais aujourd'hui ne refusez pas la main tendue et l'appel
des travailleurs qui souffrent d'une politique qui doit être remise en cause
dans les urnes.
Des propositions sont élaborées pour contrer ces politiques libérales et
sécuritaires menées en Europe, comme dans la France de Sarkozy : nous nous
inscrivons totalement dans ces démarches, comme dans le cadre du Collectif pour
une autre Europe, initié notamment par Attac, et aux côtés des Attac 34,
malheureusement absents ce soir, qui travaillent dans ce département depuis 10
ans pour démystifier les politiques de l'Union Européenne. Nous avons également
soutenu l’Appel pour une autre Europe.
Pour les élections à venir, nous proposons une campagne populaire, comme
celle que nous avons menée en 2005 tous ensemble. Nous proposons que toutes les
composantes réunies ce soir, et celles qui nous rejoindront, prennent des
initiatives sur le terrain, pour lancer la création de comités locaux dans les
quartiers, dans les entreprises, pour créer des lieux de débat, et soutenir une
campagne de fond, une campagne unitaire et citoyenne. Ces comités locaux seront
évidemment en lien avec les luttes en cours, qui se développent actuellement
dans tous les secteurs, à l’Université (Montpellier I et II en grève dès
aujourd’hui), et dans les écoles, auprès des collectifs parents et enseignants,
et pour la défense des services publics, notamment la Poste, mais aussi aux
côtes des personnels de santé ; et avec les mouvements de chômeurs et
précaires, les intermittents, les paysans, en particulier ici les viticulteurs,
les pêcheurs…
Nous proposons de mener de pair et tous ensemble : le soutien aux
luttes et aux résistances sociales, écologiques, féministes et
altermondialistes et la recherche des bases d'un projet éco-socialiste
alternatif.
Nous sommes à un moment de convergence, comme l’a montré avec éclat la
réussite de l’appel unitaire du mouvement syndical pour la manifestation
interprofessionnelle du 29 janvier.
Nous observons aussi un début de convergence politique avec le texte élaboré
et signé par 10 organisations politiques de la gauche de gauche et qui affirme
dans son titre : « Ce n’est pas à la population de payer la
crise ! ».
Et enfin, nous sommes à un moment possible de convergence du mouvement
social, avec par exemple l’Appel des Appels qui a réuni rapidement plus de 60
000 signatures.
Le Front politique se construit dans ce contexte : c’est une démarche
ouverte que nous lançons avec force ce soir.
L’unité, ça fonctionne : nous l’avons constaté en 2005, avec la belle
dynamique populaire par laquelle le peuple s’est approprié le débat sur le TCE,
et nous avons toutes et tous en tête le succès de la manifestation unitaire du
29 janvier.
Aujourd’hui nous voici à nouveau à un moment de convergence. L’unité de
toute la gauche antilibérale et anticapitaliste peut nous permettre de
construire et de consolider cet indispensable Front de gauche, capable
d’élaborer, de façon démocratique, populaire, en impliquant chacune et chacun,
la réponse à la crise sociétale et l’alternative aux politiques destructrices
en cours depuis des décennies.
Oui, NOUS POUVONS GAGNER Rappelez-vous 2005 et la bataille du référendum
:
Le Languedoc-Roussillon a clairement répondu :
OUI : 37,6 % seulement
NON : 62,4 %
Et hier comme aujourd'hui, la recette est la même :
L'UNITE DANS LA DUREE DE TOUTE LA GAUCHE ANTILIBERALE ET
ANTICAPITALISTE !





Commentaires
Je lis avec beaucoup d'intérêt le texte des CUALS lors de la rencontre de Frontignan. je ne pouvais y être car ce soir là, à Montpellier, José Bové scellait l'union des écologistes antilibéraux pour construire une autre Europe et un autre monde. Grand succès aussi, salle comble aussi.
Le programme européen qui est décrit dans le texte des cuals est presque mot pour mot le texte d'Europe Ecologie.
Que l'on s'allie ensuite dans les luttes sociales franco-françaises, pas de problème, et tout le monde était côte à côte dans les manifs.
Que l'on défende becs et ongles ensemble notre service public, nos droits sociaux et la revalorisation de notre smic, on est là aussi.
Mais la politique, c'est aussi et surtout construire, autour d'un projet. Or il est dans ce domaine des alliances impossibles. Il n'est pas possible de construire une autre Europe, celle que nous voulons, et celle que vous voulez je suppose, avec des partis, soient-ils de gauche, mais souverainistes, voire nationalistes, pro nucléaires, productivistes, pro industries polluantes, qui ne voient le progrès que dans le consumérisme et la société du jetable.
Comme il n'est pas sain non plus de revendiquer les 62 % de non au TCE qui incluent tout ce que notre région compte, et ils sont très nombreux, de fachos, de droite extrême et d'extrême droite.
Chers amis des CUAL, je suis un partisan des alliances, je suis un militant actif du non au TCE, un militant contre le traité de Lisbonne, mais aujourd'hui le seul projet alternatif qui puisse exister ne doit être ni capitaliste ni marxiste. Il doit remettre l'homme, la planète et l'ensemble de l'écosystème au centre de son projet. Il doit proposer une autre manière de produire, de consommer, de commercer, trouver d'autres équilibres et d'autres relations entre le nord et le sud ...
Amistat, Daniel.
Texte (à diffuser sur le site national) qui répond parfaitement à notre (nos) raison d'être et aux nécessités. Et que, rapidement, (re)naissent des comités locaux !
bonjour,
on fait quoi pour la mobilisation du 19 mars
merci
A Daniel, J'habite en Basse Normandie, région où notre ami François Dufour est 2ème de la liste "Cohn Bendit" J'aimerais voter pour lui. dans ce cas je choisis aussi, juste après en 3ème position Christiane Durchon, secrétaire départementale de la Manche des Verts qui au lendemain du referendum sur le traité constitutionnel nous qualifiait de "rouges-bruns" dans un communiqué dans le "grand quotidien régional" Ouest France, sans nuances.
Dur, dur!
Ces mêmes écologistes, aux dernières régionales consentaient à faire liste commune avec nous (l'Anpag) en nous relégant en 7ème position alors que nous venions de paser la barre des 5% aux municipales de Caen. L'union est un long combat!