MEETING DU FRONT DE GAUCHE POUR CHANGER L’EUROPE

5 FÉVRIER 2009 – FRONTIGNAN

CUAL de l’Hérault

Je représente ce soir les Collectifs Unitaires pour une Alternative au Libéralisme de l’Hérault – CUAL 34. Nous sommes actuellement 11 collectifs locaux actifs dans le département. Nous faisons partie d’une coordination nationale, la CNCU, à laquelle participent des collectifs présents sur tout le territoire français. Les CUAL sont composés de citoyennes et de citoyens dont certains sont membres d’autres organisations politiques, associatives et syndicales.

Le combat pour changer l’Europe est fondateur dans notre démarche : en effet, les CUAL sont issus principalement de la campagne pour le Non au référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen. Ils sont partie prenante de « l’Association des collectifs du 29 mai », qui s’est battue contre la ratification du Traité de Lisbonne : ils ont participé à l’organisation du plus grand meeting national contre cette ratification, à Montpellier le 6 décembre 2007, et à l’organisation de la manifestation devant le Congrès de Versailles le 4 février 2008, jour du vote de la modification constitutionnelle permettant cette ratification.

Les CUAL proposent une approche politique originale : nous voulons renouveler la manière de faire de la politique. Notre action n'est pas en concurrence avec celle des partis. Elle leur est complémentaire. Elle vise à tenter de surmonter les méfiances, les incompréhensions, parfois la concurrence qui constituent autant d'obstacles vers l'unité des forces antilibérales et anticapitalistes. Même si nous recherchons d’autres formes d’organisation politique, nous travaillons avec les partis politiques, avec le mouvement social, syndical, avec les altermondialistes.

Dans cette volonté de faire de la politique autrement, les CUAL s’organisent sur une base locale. Les collectifs sont souverains. Ils fonctionnent sur le principe « une personne, une voix » et recherchent le consensus. Ils acceptent la multi appartenance. Les CUAL sont donc des lieux d’échange ouverts, alliant la réflexion politique et la pratique, la recherche et la mise en œuvre d’alternatives : nous sommes présents dans les mobilisations, dans les luttes, en faveur des sans-papiers, pour la défense des services publics, contre les lois liberticides, en soutien au peuple palestinien… Des militants des collectifs se sont aussi investis dans le cadre proposé par l’Appel de Politis.

Mais nous sommes aussi dans les élections lorsque des listes unitaires sont possibles, comme cela a été le cas lors des dernières législatives (2007) sur la 4è circonscription de l’Hérault, avec une candidature PC, LCR et CUAL, qui a obtenu 6,5 %, mais aussi aux municipales : dans l’Hérault nous avons des élus à Fabrègues, Montagnac, Saint Georges, Prades, Montpellier, Mauguio, Pézenas, Grabels… Sur le plan national, nous avons participé à 170 listes unitaires aux municipales, dont 60 avec la LCR, et obtenu plus de 40 élu-es au total.

Notre combat politique est celui pour l'unité de la gauche antilibérale et anticapitaliste, de toute la gauche de transformation sociale, féministe, écologique et altermondialiste. Cette unité, nous la concevons la plus large possible et nous nous battrons pour qu’elle le soit : nous voulons l’unité avec le NPA comme avec les organisations présentes ce soir et avec nos partenaires de la Fédération, en cours de constitution ce week-end à Paris. Cette Fédération comprend les Alternatifs et les CUAL présents ce soir, mais aussi l’Association des Communistes Unitaires, le MAI, les AlterEkolo, Ecologie Solidaire, Alternative Démocratie Socialisme.

Ce combat unitaire, nous le menons depuis 2005 et nous poursuivons nos efforts malgré les écueils rencontrés : Bourdieu disait que la sociologie est un sport de combat, mais l’unité également est un sport de combat, et j’ajouterai que c’est un sport d’endurance !

Cette unité apparaît comme une nécessité, à la fois dans le rejet des politiques libérales, qui détruisent le tissu social et les conditions de vie sur la planète, et dans le combat révolutionnaire pour construire une autre Europe, et pourquoi pas un autre monde, car partout ailleurs, des peuples résistent, en Afrique, en Inde, en Chine même, et d’autres peuples encore en Amérique Latine expérimentent des alternatives concrètes et radicales.

Au sujet de l’Union européenne, nous dénonçons avec force le déficit démocratique de cette Europe libérale. Nous sommes conscients du fait que ces institutions sont verrouillées : que peut-on en attendre de concret, malgré le travail intéressant et utile de certains élus au Parlement européen ?

Mais cette élection européenne est une étape importante dans la constitution du Front de gauche entre tous les antilibéraux et anticapitalistes, Front qui pourra porter dans le débat des propositions alternatives concrètes en faveur d’une Europe démocratique, sociale, réellement écologique, une Europe de paix, qui établisse des relations de coopération, et non de fermeture ou de domination avec les peuples du Sud.

Nous voulons changer l’Europe, pour construire une société vraiment démocratique :

  • où l'économie ne sera qu'un outil du politique pour satisfaire aux besoins fondamentaux de chacun ;
  • où les droits humains seront garantis pour toutes et tous ; d’où qu’ils viennent et quels qu’ils soient
  • où les bases écologiques de la vie sur notre planète seront restaurées et préservées, placées au cœur de la réflexion politique.


L'unité de la gauche antilibérale et anticapitaliste répond à un désir, à une attente du peuple de gauche. Profondément déçu par le ralliement du parti socialiste au néolibéralisme, il est dans l'attente d'une restructuration profonde de la gauche qui lui offrirait ce qui lui manque depuis trente ans face aux attaques néolibérales : l'unité politique sur des bases claires et radicales.

Nous pensons que cette unité doit s'inscrire d'emblée dans la durée. Il ne s'agit pas pour nous de réaliser un beau score à des élections européennes sans véritable enjeu de pouvoir, pour ensuite retourner à nos divisions. Si nous voulons changer la France, si nous voulons changer l'Europe et le monde, il nous faudra, dans les années qui suivront, tous ensemble, renforcer dans notre pays le front antilibéral et anticapitaliste, élections après élections, luttes après luttes.

Nos convergences sont plus fortes que ce qui, entre nous, fait débat. Nous ne sommes pas d’accord sur absolument tout ? certes, mais nous avons bien plus en commun. Nous pensons que les points de divergence, que nous connaissons, peuvent être débattus et que cela nous enrichira mutuellement. Ils n’empêchent pas l’unité dans l’action : on construit l’unité en avançant, en travaillant ensemble comme nous le faisons déjà dans les luttes, dans les mobilisations… et lorsque nous rejetons les politiques libérales et sécuritaires, liberticides et porteuses de guerre, lorsque nous dénonçons et combattons la logique de profit et de compétition destructrice de l’environnement et des solidarités entre humains et entre peuples, cette guerre des uns contre les autres et de tous contre la nature.

Nous lançons un appel au NPA pour qu’il nous rejoigne : nous entendons bien l'idée du refus d'une union occasionnelle, mais nous sommes encore plus enthousiastes à l'idée de mettre la gauche libérale ou social démocrate en minorité dans la gauche à l'occasion d'une élection nationale, et qui plus est sur la question européenne. Nous disons au NPA : chaque bataille en son temps ! Nous serons avec vous pour poursuivre le but d'une union durable à gauche de la gauche, mais aujourd'hui ne refusez pas la main tendue et l'appel des travailleurs qui souffrent d'une politique qui doit être remise en cause dans les urnes.

Des propositions sont élaborées pour contrer ces politiques libérales et sécuritaires menées en Europe, comme dans la France de Sarkozy : nous nous inscrivons totalement dans ces démarches, comme dans le cadre du Collectif pour une autre Europe, initié notamment par Attac, et aux côtés des Attac 34, malheureusement absents ce soir, qui travaillent dans ce département depuis 10 ans pour démystifier les politiques de l'Union Européenne. Nous avons également soutenu l’Appel pour une autre Europe.

Pour les élections à venir, nous proposons une campagne populaire, comme celle que nous avons menée en 2005 tous ensemble. Nous proposons que toutes les composantes réunies ce soir, et celles qui nous rejoindront, prennent des initiatives sur le terrain, pour lancer la création de comités locaux dans les quartiers, dans les entreprises, pour créer des lieux de débat, et soutenir une campagne de fond, une campagne unitaire et citoyenne. Ces comités locaux seront évidemment en lien avec les luttes en cours, qui se développent actuellement dans tous les secteurs, à l’Université (Montpellier I et II en grève dès aujourd’hui), et dans les écoles, auprès des collectifs parents et enseignants, et pour la défense des services publics, notamment la Poste, mais aussi aux côtes des personnels de santé ; et avec les mouvements de chômeurs et précaires, les intermittents, les paysans, en particulier ici les viticulteurs, les pêcheurs…

Nous proposons de mener de pair et tous ensemble : le soutien aux luttes et aux résistances sociales, écologiques, féministes et altermondialistes et la recherche des bases d'un projet éco-socialiste alternatif.

Nous sommes à un moment de convergence, comme l’a montré avec éclat la réussite de l’appel unitaire du mouvement syndical pour la manifestation interprofessionnelle du 29 janvier.

Nous observons aussi un début de convergence politique avec le texte élaboré et signé par 10 organisations politiques de la gauche de gauche et qui affirme dans son titre : « Ce n’est pas à la population de payer la crise ! ».

Et enfin, nous sommes à un moment possible de convergence du mouvement social, avec par exemple l’Appel des Appels qui a réuni rapidement plus de 60 000 signatures.

Le Front politique se construit dans ce contexte : c’est une démarche ouverte que nous lançons avec force ce soir.

L’unité, ça fonctionne : nous l’avons constaté en 2005, avec la belle dynamique populaire par laquelle le peuple s’est approprié le débat sur le TCE, et nous avons toutes et tous en tête le succès de la manifestation unitaire du 29 janvier.

Aujourd’hui nous voici à nouveau à un moment de convergence. L’unité de toute la gauche antilibérale et anticapitaliste peut nous permettre de construire et de consolider cet indispensable Front de gauche, capable d’élaborer, de façon démocratique, populaire, en impliquant chacune et chacun, la réponse à la crise sociétale et l’alternative aux politiques destructrices en cours depuis des décennies.

Oui, NOUS POUVONS GAGNER Rappelez-vous 2005 et la bataille du référendum :

Le Languedoc-Roussillon a clairement répondu :

OUI : 37,6 % seulement

NON : 62,4 %


Et hier comme aujourd'hui, la recette est la même :

L'UNITE DANS LA DUREE DE TOUTE LA GAUCHE ANTILIBERALE ET ANTICAPITALISTE !