R-EvolutionS n°1
Par ko le samedi 7 juin 2008, 09:13 - Actualité locale - Lien permanent
Le numéro 1 du journal des CUAL de l'Hérault


Après le n°0, voici R-EvolutionS n°1, qui est sorti le 1er juin, pour la Fête
du Caylar.
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Commentaires
Démocratie ou barbarie
Les espaces democratiques hérités du conflit politique et social des dernières 40 ans sont en train de se restreindre.
Le capitalisme global et son choix néolibéral (à ne pas confondre avec le libéralisme historique cher à Adam Smith, ou tous simplement au principe du laissez faire) ne peut s’accommoder des conquêtes obtenues par le mouvement ouvrier au cour du ventième siècle.
Dans un cadre stratégiquement bipolaire (la guerre froide) et politiquement contenu à l’intérieur des états nationaux les rapports de force ont continué pendant plusieurs décennies à se détériorer pour le capital.
Le compromis social géré principalement par des forces sociaux-démocrates corresponde à des avancés en terme d’acquis sociaux de grande ampleur.
Les luttes de classes généralisées dans tous les pays industrialisés ont poussé le capitalisme à une réponse d’envergure et cela à partir de la moitié des années 70.
Un cycle se terminait : l’interimperialisme qui a gouverné pendant tout le vingtième siècle avec sa structure fordiste au milieu de son pouvoir était victime des ses propres crises et de la combativité salariale.
Il fallait repousser les frontières de l’exploitation capitaliste sur les plan géographique (imposer ce mode de production à la planète toute entière), mais aussi sur le plan de la marchandisation de tous ce qui ne l’était pas : les espaces, les émotions, les images et tous ce qui concerne la vie des citoyens devait être marchandisé.
La révolution informatique et la fin de la guerre froide ont accéléré ce mouvement d’une façon extraordinaire.
La globalisation du Capital (des échanges, des décisions et de la gouvernance) est née et avec elle la domination du capitalisme immatériel.
La démocratie est-elle aujourd’hui menacée ?
Les lieux de décisions et de gouvernance sont de plus en plus éloignés des citoyens et fonctionnent de manière de plus en plus intégrés.
Fmi, banque mondiale, organisation mondiale du commerce, mais aussi institutions européennes et traités de libre échange opèrent sur la planète comme des véritables toiles d’araignée. Dans ce lieux, les décisions sont prises sens états d’âmes et l’unique but recherché c’est le profit financier qui ressemble de plus en plus à une véritable rente actionnariale.
A l’intérieur des états nationaux les partis politiques exercent leur attributions répresentatives en appliquant les directives qui viennent des institutions globalisées.
La concentrations des media (concentration initiée au début des années 80 avec des investissements énormes) leur sert un’ideologie toute prête à l’usage.
Oui nous pensons que la démocratie est en danger. Elle l’est dans la mesure où le suffrage universel ne se transforme plus en véritable pouvoir.
Démocratie où socialisme ?
Par le passé le courant communiste (à lequel nous appartenons) a toujours vivement critiqué la démocratie et cela à juste titre.
Dans la démocratie représentative la propriété privée des moyens des production et d’échange a toujours été un limite indépassable.
Les conquêtes des salariées mais aussi bien les avancées sociétales ont toujours été accepté par le Capital comme un moindre mal et elles l’ont toujours poussé vers des nouveaux horizons de réalisation des profits.
Le socialisme était donc l’horizon auquel se referaient les communistes. Dans la société fordiste caractérisée par la domination du travail matériel (usines et services) la construction du socialisme représentait aux yeux des militants l’unique possibilité des dépasser la propriété privée des moyens de production et d’échange.
En plus dans le cadre d’un système interimperialiste où les états nationaux des pays industrialisés avaient encore la maîtrise de sa propre gouvernance cela pouvait en effet rendre le socialisme démocratique une possibilité concrète.
L’échec du socialisme soviétique mais aussi chinois (où le capitalisme est au pouvoir), n’a pas invalidé en soi même l’hypothèse du socialisme, ce qui rende a nos yeux l’hypothèse de la construction du socialisme aujourd’hui dépassée c’est justement l’actuelle situation générée par la globalisation du Capital.
Car cette globalisation a provoqué des changements substantiels dans l’actuel composition de classe.
Quelle classe ouvrière dans la société de marché ?
Quel lien y-at-il entre un ouvrier qui vive et travaille aujourd’hui dans des conditions d’exploitation accrues (en France où ailleurs), un salarié précaire dans le services où dans l’informatique, un licencié économique, un jeune qui ne trouve pas de travail, un jeune de banlieue qui exprime sa colère de paria dans l’unique mode qu’il connais, une mère de famille qui reste à la maison(malgré le difficultés financières) pour élever ses enfants, où encore un petit exploitant agricole qui peine a gagner le SMIC, mais aussi un paysan du tiers monde qui ne maîtrise plus ses semences, et que dire des centaines des milliers d’indépendants en statut de micro entreprise qui produisent intelligence mais qui sont obligés des payer leurs logiciels, et ainsi de suite pour les enseignants ou autres agents publiques qui voient pas seulement leur emploi menacé mais l’outil même de leur travail privatisé….et encore et encore.
L’usine est partout la société toute entière devient productive de richesse et de plus-value pour ceux que productifs ne le sont pas : les rentiers de la finance !!!
Oui le lien est bien là sous nos yeux c’est le Capital !!
Cette nouvelle composition de classe est t elle l’héritière de l’ancienne classe ouvrière ?
Nous pensons que en tant que ensemble (corps) productif coopérant, mais exproprié (qu’il travaille ou pas) et exploité par le capital elle l’est.
En tant que sujet politiquement organisé beaucoup de chemin reste à faire.
Cette nouvelle composition de classe est en effet polyédrique mais représente aussi une communité d’intérêts, elle porte en soi l’expression du « bien commun » qui s’oppose à la propriété privée matérielle et intellectuelle et aspire a une libre communité des producteurs contre l’organisation du travail capitaliste qui sa base toujours sur l’exploitation.
Cette réalité est à bien y regarder porteuse des nouvelles espérances et il nous ouvre de prospectives de lutte nouvelles et inespérées seulement il y a 30 ou 40 ans.
C’est la réponse à la globalisation des échanges, mais elle a besoin de se rassembler, chacune des ses composants doit reconnaître les autres et s’organiser pour réclamer le dépassement du capitalisme.
Démocratie comme théâtre de luttes et comme horizon du communisme
Donc la démocratie est en même temps l’endroit où le conflit de classe s’exprime et le but à atteindre.
Oui, mais de quelle démocratie parlons nous ?
Celle de la distance abyssale qui existe entre les élus et le citoyens ?
Celle de la communication qui essaie de faire passer de force de projets qui vont à l’encontre des intérêts liés au bien commun ?
Celle de la guerre permanente comme moyen de stabilité politique ?
Celle qui tue le développement économique de la planète pour y mettre à la place le pillage financier ?
Celle du retour à la morale religieuse ?
Celle de l’hypertrophie de la proriété privé comme horizon indépassable de l’histoire ?
Celle de la réduction du politique au choix entre conservatisme et social-iberalisme ?
La lutte pour la démocratie sera encore plus radicale que fut celle pour la construction du socialisme.
C’est ainsi que le communistes que nous sommes pensent à la démocratie comme terrain global des luttes.
Il n’y aura pas de démocratie véritable sans réappropriation des moyens de production et d’échange sans réappropriation des espaces qui nous sont enlevées pour être transformés en marchandise, sans coopération et autogestion.
Dans une telle prospective la visée communiste n’est pas du tout dépassée mais au contraire elle n’est que au début de son chemin.
Le Parti et la Démocratie
La relation entre un parti politique à « vocation majoritaire » et la démocratie agit comme une véritable révélateur.
Sa structure, son mode de fonctionnement d’une part et ses visées pour la société toute entière d’autre part ne peuvent pas se structurer en mode contradictoire.
Ce que un parti politique pense de la démocratie et la manière où elle est appliquée à son intérieur doit former une ensemble cohérente. Toute contradiction entre ces deux données ne pourrait que poser une question de crédibilité.
En bref on ne peut pas viser une société démocratique libérée de l’exploitation capitaliste et en même temps cogérer, sans apporter une critique véritable, avec d’autres forces politique moins critiques des politiques néolibérales qui sont imposés à la société toute entière.
Et pourtant c’est ce qui se passe depuis longtemps, trop longtemps.
Par le passé, quand la construction du socialisme était le véritable objectif la relation à la « démocratie bourgeoise » était strumentale. En d’autre termes c’était de la tactique !!
Maintenant la cohérence entre les politiques de protestations et le politiques de gestion est devenue incontournable. On ne peut plus être acteurs des luttes de classe et aménageurs des projets dominants.
Parti de lutte ou de gouvernement ?
Entre les deux forces principales se referant au communisme (LCR et PCF) cette question pose un véritable clivage insurmontable.
Les camarades de la ligue posent en préalable le refus de toute alliance avec le ps, par conséquence ils se excluent de fait de toute participation aux exécutifs a n’importe quelle échelon, d’autre part ils appellent constantement à l’union dans les luttes et y participent sans problèmes ; pour le parti, en tous cas pour sa direction actuelle, le préalable opposé est devenu la règle.
Nous faisons de la participation aux exécutifs un préalable ce qui nous porte à une stratégie d’alliance immuable et prédéterminée.
Nous pensons d’être confrontés à un double dogmatisme. La politique des préalables nous amène tout droit à une forte perte de crédibilité et pour ce qui nous concerne nous l’avons payé très cher à la dernière présidentielle.
En réalité c’est l’efficacité de la visée communiste qui est en jeu. Cette visé doit être visible sur l’ensemble de l’échiquier politique, dans les luttes, bien sur, mais aussi sur le plan de la traduction politique. Participer à la gestion du pouvoir maintenant, sans attendre le grand jour doit pouvoir répondre à la demande de changement qui vient de la société.
Nous somme conscients que cela est un exercice très difficile, nous sommes confrontés à une véritable quadrature du cercle. Mais c’est la condition de notre survie politique.
Pour l’instant nous devons nous contenter d’un constat d’échec.
Du gouvernement Jospin à la débâcle de la présidentielle
La gauche, sur la poussée des luttes de 95, a gouverné la France de 1997 à 2002.
Elle gère 20 régions sur 22 et de nombreuses collectivités locales.
Depuis nous constatons que les réponses apportées n’ont pas été à la hauteur.
Aucune rupture par rapport à la logique néolibérale des marchés n’a été visible.
La gauche et avec elle le PCF ont glissé de plus en plus vers une dérive institutionnelle qui a imposé une politique sociale/libérale ou tout simplement une politique d’adaptation aux marchés perdant ainsi (le PCF en particulier)toute crédibilité.
Ce problème de dérive institutionnelle a fait des ravages sur tout le continent européen. Le dernier exemple nous vient d’Italie où la gauche radical incapable de trancher entre la fidélité au gouvernement Prodi et le exigences au changement qui montait dans le pays a été bel et bien laminée.
Et il n’y a pas de vote utile qui tienne. Ressortir le vote utile à chaque fois qu’on est confronté à un échec c’est n’est rien d’autre que de langue de bois qui sert à masquer un vide stratégique.
Si, comme nous l’avons dit plus haut, dans le combat pour la démocratie, la cohérence entre la critique (du capitalisme et des ses effets) et la pratique est la condition sine qua non de la réussite de la visée communiste cela doit pouvoir être vrais aussi pendant les phases de gestion.
Nous pensons donc que le problème des limites à la participation du parti à la gestion des exécutifs doit aujourd’hui être posé.
Aussi bien que celui des ses alliances stratégiques (voir la gauche plurielle) qui le permettent.
Le Rassemblement est le moteur de la nouvelle composition de classe
La polyédricité de la nouvelle « classe ouvrière « sa capacité à être en même temps singularité et ensemble, sa segmentation en plusieurs figures sont sa véritable force à la conditions que tous les segments qui la composent se reconnaissent et s’unissent.
Malgré la sulfureuse théorie de la grande classe moyenne, nous somme (nous le proletaires) de plus en plus nombreux des plus en plus égaux et différents en même temps, bref nous sommes de plus en plus majorité.
Le Rassemblement des toute ces composants de classe c’est la vrais stratégie de la visée communiste aujourd’hui. C’est le moteur de la transformation sociale. Ce rassemblement dépasse l’ancienne formule d’alliance entre classes différentes (ouvriers et petite bourgeoisie) il se pose immédiatement comme défenseur du bien commun, il est porteur d’une critique permanent du mode de production capitaliste et cela sans passer par des étapes.
C’est pour cela que un « espace nouveau » devient stratégiquement indispensable.
Il s’agit de réfléchir à la création d’un nouveaux “sujet politique”qui se construit par le rassemblement et qui se définit dans la critique du néo/libéralisme.
A l'intérieur de ce sujet politique, communistes, socialistes antilibéraux, écologistes, républicains, alter mondialistes, militants d’extrême gauche et autres forces de progrès sans exclusion, peuvent donner vie à un vaste rassemblement qualifié par des propositions immédiatement en rupture avec la pensée unique libérale.
L’expérience des collectives antilibéraux pouvait en puissance recouvrir ce rôle mais la logique des deux préalables a poussé les appareils de la LCR et du PCF a stopper cette expérience.
A notre avis un grave erreur stratégique a été commise à cette occasion.
N’empêche que la création de ce nouvel espace reste un problème stratégique majeur : il ne doit pas à notre sens, être conçu comme un nouvelle organisation politique ni comme une alliance alternative a l’ancienne union de la gauche ;
Cet espace doit être un support pour l’élaboration des nouvelles revendications stratégique finalisé à l’impulsion d’une véritable politique qui s’oppose au néolibéralisme.
Démocratie ou barbarie.
Marie George Buffet a appelé, pour le prochain congrès, à un débat sans tabou. Ella a souhaité a que des idées nouvelles voient le jour.
Nous pensons de pouvoir porter notre modeste contribution.
Oui nous sommes et nous resterons communistes, nous nous refusons aussi à devenir une simple courant dans une gauche qui ne porte en soi l’objectif du dépassement du capitalisme.
Nous acceptons sans réserve de discuter de la « contemporanéité du capitalisme » tel qui se présente aujourd’hui, nous pensons aussi que la nécessité d’un projet communiste n’est pas seulement d’actualité mais il devient de plus en plus nécessaire pour la défense et la conquête des espaces de démocratie de plus en plus avancés.
Pour « Un réseau pour le congrès 2008 » Agde
Paolo Azzaroni
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